Victoire CUNIT, juriste en droit social, fondatrice, Victoire RH

 

« Je n’ai pas eu de révélation devant un Code du travail un soir d’hiver« 

 

Qu’est-ce qui vous a amené à orienter votre parcours professionnel vers le champ des relations sociales ?

Honnêtement, je n’ai pas eu de révélation devant un Code du travail un soir d’hiver.

La vérité, c’est que ça s’est construit petit à petit, sur le terrain. En travaillant au contact des DRH à l’ANDRH, j’ai réalisé à quel point une entreprise se révèle quand il est question de relations sociales. Pas dans les organigrammes ni dans les process, mais dans la façon dont on annonce une restructuration, dans la manière dont on répond (ou pas) à une alerte syndicale, dans ce qui se dit vraiment derrière les portes fermées d’une salle de négociation. Derrière chaque question juridique, il y a des personnes, des tensions, des équilibres à trouver. C’est exigeant, très souvent inconfortable, mais c’est ce qui rend ce domaine passionnant. Accrochez-vous, ça secoue !

 

Y a-t-il des faits marquants, des réalisations dont vous êtes particulièrement fière  ?

J’ai piloté et co-rédigé un guide pour accompagner les salariés victimes de violences conjugales. C’est un sujet qui me tient à cœur parce qu’il bouscule une frontière que beaucoup considéraient comme intouchable : la vie privée du salarié. Pendant longtemps, les violences conjugales, ce n’était pas le problème de l’entreprise. Puis certaines organisations ont commencé à faire bouger les lignes (je pense à Axa, la Coopérative U…).

L’idée de ce guide, c’était de donner à toutes les entreprises les clés pour agir concrètement. Pas de la théorie, mais des protocoles RH, des modèles, des retours de terrain.
Le guide a été présenté à l’Olympia en juin dernier, et surtout, il est accessible gratuitement sur le site de l’ANDRH. Si vous ne l’avez pas encore lu, je vous invite vraiment à le parcourir et à le faire circuler auprès de vos équipes (managers et RH), il y a énormément de clés concrètes à mettre en œuvre dès demain.

 

Vous êtes engagée dans l’association Réalités du dialogue social dont la vocation est de promouvoir le dialogue social. Pourquoi est-ce si important pour vous ?

Parce qu’on ne peut pas promouvoir ce qu’on ne comprend pas. Et soyons francs, le dialogue social, ce n’est pas une mince affaire. Être incollable sur le sujet en restant à la page de toutes les évolutions sociales, législatives et jurisprudentielles, ça relève presque de l’impossible ! C’est exactement pour cela que ma mission me tient à cœur :  concevoir tous les mois des contenus pour les adhérents de Réalités du Dialogue Social en décortiquant l’actualité. Je veux permettre à chacun de rester informé dans un domaine en mouvement permanent. Promouvoir le dialogue social, pour moi, ça passe d’abord par là. 

 

Avez-vous vu un film, écouté un podcast ou lu un livre que vous recommanderiez à la Communauté Réalités du dialogue social ?

Pas un film, pas un livre, mais un outil qui permet de créer ses propres podcasts. Je le fais avec NotebookLM, une plateforme d’IA développée par Google, et c’est bluffant. Le principe est simple : vous intégrez des documents sur un sujet complexe (articles, rapports, textes de loi, tribunes contradictoires), et l’outil vous génère un podcast que vous pouvez écouter n’importe où… 
 
Et là où ça devient vraiment puissant, c’est quand vous lui transmettez des sources qui s’opposent. Prenez par exemple la révision récente de la directive sur les comités d’entreprise européens (CEE). Vous chargez dans l’outil la directive initiale de 2009, la directive révisée, la position de BusinessEurope (organisation patronale au niveau européen) et celle de la CFE-CGC. Demandez lui un podcast où les deux visions s’opposent, avec une synthèse de tous les arguments, et vous aurez un beau 360° sur le sujet ! 
 
Google NotebookLM: Summary

 

 
 
 

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