Où en est la démocratie sociale aujourd’hui ?

L’ouvrage d’Henri Rouilleault, paru aux éditions de l’Atelier en 2010, traite de la démocratie sociale en France c’est-à-dire de la définition et de la mise en œuvre des règles relatives aux relations professionnelles et à la protection sociale. L’auteur pointait une crise de la démocratie sociale, s’étant cristallisée autour d’un faible taux de syndicalisation et tenant à l’insuffisance de la négociation collective aussi bien à l’échelle de l’entreprise qu’au niveau national.
Par démocratie sociale, il entend l’ensemble des dispositifs qui organisent la relation triangulaire entre l’Etat et les partenaires sociaux : organisations syndicales de salariés et d’employeurs. En la matière, la France présente une spécificité : alors que, dans notre pays, la démocratie sociale a sur certains points précédé la démocratie politique – les dispositions relatives au droit syndical devançant par exemple le suffrage universel – et quand bien même la participation aux élections professionnelles est souvent supérieure à celle des élections politiques, le taux de syndicalisation des travailleurs y est toujours notoirement bas, notamment dans le secteur privé.

En quoi les évolutions récentes, qu’elles soient politiques, sociologiques ou technologiques, modifient-elles les conditions d’exercice de cette démocratie ? Après deux années de gouvernement Macron, six mois de mouvement des Gilets jaunes et des élections européennes marquées par la montée de la préoccupation environnementale, les organisations syndicales, patronales (CPME) comme de salariés (CFDT, CGT, CFE-CGC) étaient invitées à présenter leur analyse par la voix de leurs secrétaires régionaux en Auvergne Rhône-Alpes. Nous avons ainsi eu le plaisir d’accueillir Agnès NATON pour la CGT, Pierrick AILLARD pour la CFDT, Cyril AMPRINO pour la CPME et Robert CARCELES pour la CFE-CGC.

 



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